Le texte explicatif associé à chacun des quatre critères analysés (A - formalisme, B - matérialité, C - investissement, D - communication) positionne l’œuvre de l’artiste dans l’histoire de l’art en rappelant éventuellement les courants artistiques auxquels elle se rattache, ou les noms des artistes illustres s’étant exprimés dans une approche voisine. A : FORMALISME Le premier critère porte sur le formalisme de l’œuvre : que voit-on quand on regarde une œuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, plutôt..., etc (classé du plus "immatériel" au plus "réaliste").?A140 : Abstrait Construit géométrique : "Hard edge", Minimalisme, Néo-Minimalisme De "l'Art concret" à "l'Art minimaliste", toutes formes ou agencements de couleurs traités rigoureusement, orthogonalement, et réduisant au maximum la sensibilité (Joseph Albers, Mondrian, Gorin, Ad Reinhardt, "monochromes" de Rodtchenko, Frank Stella, Peter Halley, J. Armleder, R.M. Trockel, ... et en sculpture ; Carl André, Sol Lewitt, Tony Cragg, ...). A130 : œuvres à jeux optiques subjectifs suivant les agencements de couleurs et/ou de formes dans ces œuvres, l'imperfection de l'œil humain fait qu'il les perçoit avec des distorsions (photos et "installations" de Georges Rousse, Felice Varini, ...), ou avec des mouvements fictifs, comme dans "l'Art cinétique" "l'Op'Art" (Y. Agam, Victor Vasarely, C. Cruz Diez, J.R. Soto, Bridjet Riley, …).
B : MATERIALITE Le second critère porte sur la matérialité de ce qui est donné à voir. S’agit-il de pur concept, de jeu de matières, d’objet détourné etc. (classé du plus "immatériel" au plus "réel") ?B210 : en matérialité structurée, avec prééminence des matières leur épaisseur, leur composition ou leur travail architectonique plutôt structuré (comment les matières sont "baties"), sont ici le plus important (Eugène Leroy, Bertrand Lavier, ...). B230 : en matérialité structurée, combinaisons structurées combine indifféremment lignes, couleurs, matières ou volumes de façon plutôt structurée (Michail Heizer, Anish Kapoor, Miguel Barceló, ...). B240 : matériaux ou objets en "Assemblages", collages / décollages, ou "Installations" objets signifiants ou in-signifiants (voire, rebus de la société) lorsqu’ils sont assemblés dans un nouvel esprit : - esthétisant, comme chez les "Nouveaux réalistes" (Arman, Spoerri, César, …) ; les "Affichistes" (Jiri Kolar, M. Rotella, R. Hains, ...) - en parodie comme chez les "Simulationnistes" (Haïm Steinbach, ...) - en diverses et multiples autres "Installations" comme chez des artistes connus (Christian Boltanski, Edward Kienholz, ...) et surtout chez de nombreux artistes des nouvelles générations.
C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT Le troisième critère porte sur « l’investissement » de l’artiste dans son œuvre. Avec quel ratio Corps / Esprit, l'artiste s'investit-il dans son œuvre ? Classé du plus "intellectuel" (p.ex. "l'Art Conceptuel", ...) au plus "physique" (p.ex. le "Body Art", ...). C120 : plus vers l’intellectualité / l'essence, travail intérieur axé plus vers le projectif l'onirisme, la poésie, le lyrisme, l'experience hallucinogène … Pour "projectiver" une intériorité pensée ou revée (Henri Michaux, Wols, ...).
D : COMMUNICATION Le quatrième critère porte sur l’aspect « communication » : L'artiste a t-il une volonté délibérée de communiquer à travers ses œuvres un message quelconque ? (classé du plus "spiritualiste" au plus "sociétal"). D130 : via le signifiant en partant du principe que les travaux sur les signifiants forment en eux-même un discours assumé (par exemple: "les châssis" de Daniel Dezeuze, etc., etc., ...) par ses variations de réalisation : - sérialité, multiplication (Claude Viallat, Niele Toroni, "figurines" de Antony Gormley, ...). - accumulation, compression (J. Chamberlain, Arman, César, ...). - subtilités, variabilité des matériaux ("les blancs" de Rober Ryman ; les dissolutions de "matière / vie" comme chez Roman Opalka ou chez On Kawara, ...). LIARD Nicole http://www.nicoleliard.com |